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Je les lis (et ils le valent bien!)

JdR avec enfant : Première partie

book-coverComme évoqué dans l’article précédent, je profite des vacances pour faire une première partie de jeu de rôle avec mon fils, 5ans. Pour l’histoire je suis resté dans son classique : le chevalier doit aller chez le dragon (« pour délivrer la princesse !  » ajoutera-t-il) . L’idée étant de lui laisser une base qu’il connaissait pour qu’il puisse mieux intégrer la nouveauté, à savoir un système de résolution

Le système en question est un petit amalgame tiré de ce que j’ai pu présenter dans l’article précédent. La raison principale à ceci étant que je n’avais pas avec moi les livres/imprimés de ceux-ci.

Voici ce que nous avons utilisé :

  • 3 compétences (Fort, Courageux et Malin) correspondant à des types d’épreuves
  • 3 niveaux de maîtrise (très bon : 4D6 ; bon : 3D6 ; moyen : 2D6)
  • Un seuil de résolution de 10 ou plus
  • Des équipements/pouvoirs qu’il inventait et dessinait (sur des cartes cartonnées de type bristol)
  • Un choix de 3 parmi les équipements/pouvoirs

Feuille de personnage et équipements

Pendant qu’il préparait ses équipements/pouvoirs j’ai griffonne une « carte du chemin » avec le château (point de départ), quelques épreuves (pont détruit sur la rivière, forêt sans chemin, grotte sombre) et le Dragon (pour le Final).

Et puis comme nous étions tous deux prêt on a commencé.

« Le chevalier part du château, il a prit ses affaires. »
À ce stade je lui demande de décrire ce qu’il a choisi :
« Une épée/bouclier, un arc flèches et le pouvoir de l’arc-en-ciel » Il me montre en même temps les cartes qu’il a dessiné.
De la même façon, il choisit ses niveaux de compétence : Fort 4D6; Courageux 3D6; Malin 2D6.

« Tu parcours le chemin mais… » « Y’a pas de pont sur la rivière ? » (ou ma carte schématique est très bien faite, ou j’ai déjà trop utilisé cette ficelle quand on inventait des histoires ou dans les films/livres qu’il connaît…)
« C’est ça, donc que fais tu ? » « Avec mon cheval je saute par dessus la rivière ! »
Je lui remontre les cartes qu’il a dessiné : « Mais tu n’as pas de cheval » « Mince, comment je peux faire ? » « Et bien, tu trouves une autre idée ou sinon tu peux rentrer au château pour prendre ton cheval. »
Il a prit cette option et à donc dessiné un cheval (et nommé : Kameron) sur une nouvelle carte. Après il y a eu le choix cornélien de quoi prendre vu que je l’avais limité à trois équipements/pouvoirs. Il laisse l’épée/bouclier pour prendre le cheval.

Retour au pont, je défini une épreuve de Courage pour pousser le cheval à sauter. Il lance les dès et compte. J’en profite pour faire une première approche des additions. S’il sait reconnaître au premier coup d’oeil le nombre de points sur un dé, quand il y en a plusieurs il compte tous les points.
J’essaye de lui expliquer qu’il peut aller plus vite en commençant au chiffre du dé le plus gros et en ne comptant plus que les points des autres dès. Plus de 10, c’est réussi.

Là je commet une erreur, je m’en rendrais compte plus tard. Je lui indique qu’il a utilisé son cheval et qu’il ne pourra plus l’utiliser pour les épreuves suivantes. C’est une erreur dans le sens où il aurait mieux fallu que cette « utilisation » d’un équipement/pouvoir soit faite en réponse à un échec. Soit pour avoir une relance ou un dé en plus ou plus simplement comme un joker « réussi ». A tester lors d’une prochaine session.

S’ensuit la traversée de la forêt avec un jet de Malin et l’utilisation du pouvoir Arc-en-ciel qui permet de se guider. (Je lui ai demandé d’expliquer comment le pouvoir pouvait l’aider)
Enfin il arrive face à la caverne du Dragon qui est très sombre. A ce moment il me surprend en me disant : « Il faut du Courage alors ». Moi j’étais juste dans la description pour l’ambiance ! Mais, fort d’années de rebondissements sur les propositions des joueurs, je lui dis que oui. Il le réussi et pénètre dans l’antre de la bête.

Je continue dans la description de la caverne et il me dit qu’il fait attention à ne pas faire de bruits. D’accord, jet de Malin. Raté ! Le dragon entend et attaque !
Dernière épreuve, épreuve de Force. Réussie. Il décrit comment il tire une flèche sur le dragon pour le tuer. Je tempère, lui disant qu’au moment où le dragon allait cracher le feu la flèche se plante dans sa bouche et que le dragon fou de douleur s’enfuit. (Non mais, on ne tue pas un dragon si facilement !) La session s’achève quand il décrit qu’il ramène la princesse au château sur son cheval.

L'aventure

Mon objectif premier de raconter une histoire avec une gestion (et une acceptation de la part du fiston) de l’échec du héros est un succès. Il a l’habitude des jeux de société et le fait d’avoir posé les règles dès le début était la chose à faire.
Par rapport au système que j’ai posé, il y a quelques points à revoir : utilisation des équipements/pouvoirs, un système de récompenses finales (type xp… Mais pour améliorer quoi?)

En tous cas, le fiston est partant pour d’autres aventures et ça c’est le principal ! A la fin il a même prit de nouvelles cartes pour dessiner de nouveaux équipements/pouvoirs.

Nouveaux équipements/pouvoirs

 

9 comments to JdR avec enfant : Première partie

  • […] JdR avec enfant : Première partie […]

  • […] la démarche et les expériences que j’ai avec mon fils concernant le Jeu de Rôle. Les remarques de Lui en commentaire à Jdr avec enfant : Première partie me font penser qu’il faut que j’éclaircisse un […]

  • Lui

    Bel article et initiative, je me suis toujours demandé de quelle façon, à quel âge, et si je le ferais, je réussirais à aborder le jdr avec mon enfant dans quelques années.

    Je suis étonné au final de la « complexité » du système utilisé pour un enfant en si bas âge, c’est couillon mais j’aurai dans le fond plus perçu les choses comme une simple narration, osant mélanger le système pierre-papier-charcutier pour résoudre une ou deux actions mais surement pas adapter un système règles/papiers/dés pour correspondre avec les adjectifs caractérisant les traits de son personnage, etc. A tort de toute évidence vu que ton fiston semble avoir adoré.

    Mention particulière pour le fait de lui faire dessiner ses équipements pouvoirs. Idée tout simplement parfaite, je me demande même si je vais pas la piquer pour une session initiation avec des adultes.

    J’utilise très souvent la base du jeu de carte diXit pour permettre aux gens d’improviser et de conter avec plus d’aisance en s’inspirant, utilisant, jouant du contenu de la carte qu’il pioche en cas de réussite spéciale. Une carte en guise de joker a utiliser quand ils veulent comme un nouveau pouvoir, un nouvel accessoire, etc. Cela permet de retourner des situations et force les gens à user de leurs imaginations. Je pense qu’il y a moyen de mixer les deux, dessin plus support existant, mais là je m’égare un peu de ton sujet.

    Sinon j’apprécie particulièrement ton retournement de situation concernant le dragon, tant pour justifier la difficulté de tuer un dragon mais surtout pour ce petit aspect poétique du « on ne tue pas, on blesse et il est pas content ». Ca doit être mon coté fleur bleue protecteur qui aime à penser que mes enfants (je mets aux pluriels car plusieurs il y en aura forcément) feront des câlins aux dragons dans le fond…

    Je vais suivre les prochains articles avec plaisir, mais tu as toutes mes félicitations qui plus est si j’en crois la conclusion de ton article la relève est assurée.
    Bon par contre si tu pouvais le briefer sur le fait que les Elfes = Bad(Ass); on pourrait avoir ainsi une future génération de rolistes qui enfin éradiquent les oreilles pointues des parties. 😉

    • Je travaillais à une réponse par rapport au choix de la « complexité » du système de résolution et du coup à ma démarche et à son contexte, mais ça commence à s’épancher, je vais plutôt prendre le temps d’en faire un article 😉
      => Jeux de société avec enfants où j’explique le contexte, notamment le parcours « ludique » en place à la maison.

    • « Un petit croquis vaut mieux qu’un long discours »
      En ce qui concerne le visuel, et notamment le fait de dessiner, comme évoqué dans JdR avec Enfants, l’idée de base m’est venue d’un fred sur Casus No où l’auteur présente une partie avec ses enfants (6 et 8 ans).
      C’est un bon moyen de démarrer la session. Ça aide, à mon sens, l’enfant à se positionner dans une démarche créatrice par le biais d’un « média » qu’il connait. De plus, dans le cas de mon fils, il adore dessiner et ne demande que des occasions de le faire, comme tu le verras d’ailleurs dans le prochain Rapport de partie sur Gnome.

      Sinon j’aimerais bien que mon fils fasse des câlins au dragon, … Je lui ai d’ailleurs laissé la main libre sur ça, la présentation de la quête étant « d’aller chez le dragon ». C’est lui qui a « rendu » le dragon « méchant » en rajoutant « Pour délivrer la princesse » amenant à ce final.
      J’avais déjà remarqué, lorsque nous étions dans la création « pure » d’histoires, que mon fiston allait souvent pour la « castagne » (surtout sur les dragons… St Michel et St George seraient-ils ses St patrons ?!)
      Je réfléchis d’ailleurs à un système de résolution qui porterait l’idée que la violence n’est jamais la meilleure solution (mais c’est un travail en cours que je ne suis pas encore prêt à présenter).

      Enfin, pour les elfes, désolé je suis de la génération rôliste elfique 😛

      • Lui

        Ta dernière phrase a bien manqué d’avoir raison de moi. Non mais sérieusement, les elfes…
        Bon on fera comme si je n’avais rien lu.

        Merci pour les quelques liens, un peu de lecture en plus ne fait jamais de mal. J’apprécie particulièrement ton parcours ludique.
        Sinon tu pourrais te tourner vers une adaptation de Little Fears, beaucoup de piste pour faire jouer des enfants (joueur comme personnage) autour du monde de l’enfance et donc des scenarii moins orientés violence/ »faire la bagarre ».

        Par contre l’adaptation est obligatoire car le monde reste originellement fait pour des rolistes matures.

        J’ai souvenir d’un scenario ou il était question de passer dans le monde des contes et légendes pour remettre une lettre à une vieille sorcière terrifiante de la part d’un croque-mitaine. La révélation finale étant que la lettre contenait un dessin : un coeur avec des fautes d’orthographes pour dire « Je t’ème for ! » – Oui mêmes les montres qui font peur sous le lit et dans le placard on des amoureux et des sentiments.

        Ca pourrait être une piste pour qui plus est relativiser l’aspect orthographe etc. Mais peut être que 5 ans c’est un peu jeune…

        Sinon, la suite ? 😉

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